Eurosport.frBlogsJonah Lomu - Coupe du Monde de Rugby

21.10.2007

"Bataille à l'ancienne"

"Finalement, après 7 semaines et 48 matchs, nous sommes arrivés à la finale au Stade de France la nuit dernière. Pas la finale que tout le monde avait prédit ou attendue mais les deux équipes ont mérité d'être là. Samedi, j'ai regardé la vague blanche déferler sur Paris, les Anglais étaient partout. Quelques poches vertes étaient entourées par la vague blanche, avec quelques jaunes et blancs, supporters survivants qui ont perdu leur équipe plus tôt dans la compétition mais qui sont restés pour célébrer ce que représente ce Tournoi. C'était un peu jour de revanche. Ça m'a ramené au 14 septembre et à leur première rencontre. L'Afrique du Sud avait battu les Anglais 36 à 0 et Jason Robinson avait joué avec courage avant de quitter le terrain sur une blessure à la cuisse.

La finale a débuté avec une grande intensité et une présence physique énorme des deux côtés. La rencontre des paquets d'avants était attendue et n'a pas déçue. Le pack est une des forces de l'Angleterre mais l'Afrique du Sud a réellement progressé dans ce secteur et, par moments, dominé celui des anglais. Les Anglais ont semblé être dans la partie dès le début et ont mis beaucoup de pression sur les Sud-Africains.

La première mi-temps du match était très serrée, chaque équipe défendant majestueusement sans jamais franchir la ligne blanche. Fourie Du Preez et François Steyn ont fait quelques franchissements depuis le milieu mais l'Afrique du Sud n'a pas réussi à aller au bout et à marquer des points. Burger a été en vue dans les regroupements, perturbant le jeu anglais et les changements de main de balle qui furent cruciaux dans la cause sud-africaine. Victor Matfield a été un deuxième ligne inspiré, il n'a pas arrêté de plaquer, de pousser dans les mauls et fût présent dans le jeu quand il y en avait besoin. C'est logique qu'il ait été élu homme du match.

Très rarement, la balle est parvenue à l'aile jusqu'à Bryan Habana et quand c'était le cas l'action avortait à cause d'un gros plaquage ou d'une balle tombée. C'était une bataille à l'ancienne, une des plus pures du jeu et je sais que certains diront que c'était ennuyeux mais c'était l'une des plus dures batailles de cette Coupe du monde. Avec des coups de pied tactiques, des rucks et des mauls, les Sud-Africains ont bataillé sur le terrain pour arriver à quelques centimètres de la ligne d'essai mais la défense fatiguée de l'Angleterre est venue leur refuser les 7 points, l'Afrique du Sud assurant les trois points par la botte de Percy Montgomery. La défense et le pied ont dominé cette partie avec Montgomery marquant des points de l'Afrique du Sud.

Pour moi, plusieurs joueurs méritent une mention spéciale. Os du Randt la pierre angulaire du rugby sud-africain qui a fait un effort énorme pour accomplir les 80 minutes. C'est un homme calme et performant faisant son boulot, toujours au soutien de ses coéquipiers et participants aux bons coups quand nécessaire. Fourie Du Preez qui pour moi a été une des révélations de ce tournoi. Il a constamment progressé, à chaque match, dirigeant l'Afrique du Sud comme un général à l'arrière du paquet d'avants, sachant quand courir, quand conserver, quand passer. C'est un joueur de grande classe.

L'Afrique du Sud rejoint donc l'Australie dans les équipes qui ont gagné deux Coupes du monde, une fois en 1995 quand ils ont battu mon équipe en finale à Johannesburg et maintenant 12 ans plus tard menés par le capitaine inspiré John Smit. Il a conduit mentalement et stratégiquement son équipe à cette victoire. A part le "presque essai" anglais, l'Afrique du Sud n'a jamais semblé inquiétée et la défense était remarquable. Félicitations à toute l'équipe sud-africaine et à ses supporters.
Félicitations à l'Angleterre, même si elle n'a pas remporté la finale. Elle peut sortir la tête haute. Après avoir gagné la Coupe en 2003, l'Angleterre est arrivée sans prétention aucune à cette Coupe du monde et a prouvé que les critiques étaient fausses en étant debout samedi soir. Comme des champions du monde en titre. Vous devriez être fiers.

J'ai vraiment apprécié d'écrire ce blog et j'espère que vous avez aimé le lire. Cette Coupe du monde a été fantastique. Les Français m'ont accueilli comme un des leurs et j'ai vraiment eu de la chance d'être là pendant huit semaines. Cela a été une montagne russe d'émotions, avec des équipes prometteuses mais ne confirmant pas, des équipes combattant dans la catégorie supérieure et de nouveaux héros émergeant de cette Coupe du monde. Un grand merci à tous ceux qui ont rendu ce voyage tellement étonnant, il y en a trop à citer mais je suis sincèrement reconnaissant à tous et à chacun d'entre vous. Je vous reverrai en 2011".

J'ai aimé : C'était fantastique de voir trois Présidents debout côte à côte pour fêter ce qui est le plus beau jeu sur terre.

Mon équipe coup de coeur: L'Argentine. Elle a été fantastique et apporté tellement de passion et de vie à cette Coupe du monde. Finir troisième de la compétition était une belle fin pour leur campagne.

15.10.2007

"En route vers la finale"

Dimanche, je suis allé au Rugby Town dédicacer une sculpture de Gerald du Crest pour la fondation des transplantés français "Fondation Greffe de Vie". Avec trois autres sculptures, elle sera mise aux enchères en 2008 dont tous les bénéfices iront à la Fondation. Moi-même transplanté rénal, c'est une cause qui m'est chère et je suis très heureux de contribuer à cette action.

medium_P1000383.JPGIl faisait très beau dimanche sur Paris. Il y avait un marathon qui récoltait des fonds pour la lutte contre le cancer, avec des concerts un peu partout et pas mal de monde dans les rues. Un de mes meilleurs amis et sa femme sont arrivés de Nouvelle-Zélande. Nous sommes allés déjeuner au Crillon avec d'autres "Kiwis" et bien sûr, ça nous a pris du temps avant que la conversation ne tourne plus autour de la défaite des All Blacks.

J'attendais Argentine-Afrique du Sud avec impatience. Les Pumas, c'est l'équipe surprise de cette compétition. Elle a apporté cette touche latine, ses supporters colorés, ses chansons, ses sourires et sa passion à cette Coupe du monde. Et pas seulement les supporters mais aussi chez les joueurs. La victoire de l'Afrique du Sud, place forte du rugby, était attendue. Mais comme cette compétition avait déjà connu quelques surprises...

Les Argentins ont mal démarré la rencontre avec un essai encaissé dans les premières minutes suite à une interception de Fourie Du Preez. Quant au deuxième de Bryan Habana, il est tout simplement splendide. Les Pumas avaient décidé de jouer, de défier les Boks sur des ballons portés mais les Sudaf ont été plus costauds et les ont mis sur le reculoir. De plus, les Argentins ont commis beaucoup trop de fautes, lâchant de nombreux ballons. Face à une équipe comme l'Afrique du Sud, ça ne pardonne pas.

Les Argentins ont eu des opportunités en première période mais ils ont été incapables de les concrétiser, répétant les erreurs. Et avec un as du pied comme Percy Montgomery, qui atteint la cible neuf fois sur dix... L'arrière des Boks a encore réalisé un match plein assurant un peu plus le titre de meilleur réalisateur de cette Coupe du monde. La deuxième période a été plus hachée à cause de l'indiscipline des deux équipes. L'arbitre aurait pu laisser l'avantage un peu plus souvent. Et malgré les deux cartons jaunes distribués dans les dix dernières minutes, la rencontre s'est déroulée dans un esprit plutôt bon.

Les Boks auront donc l'occasion de soulever la Coupe du monde à nouveau, 12 ans après ce moment fabuleux où Nelson Mandela a remis le trophée à François Pienaar. Ils affronteront l'Angleterre, tenante du titre, qui a surpris tout le monde. Cette finale sera bien différente du match de poule où les Anglais n'avaient pas eu l'occasion de marquer un seul point. L'Argentine, elle, disputera à la France la 3e place. L'équipe qui l'emportera sera celle qui aura le mieux digéré son échec de la demi-finale et qui retrouvera la fierté.

Bonne chance pour la finale à l'Angleterre et à l'Afrique du Sud. Je serai là.

MENTION SPECIALE: A Bryan Habana qui égale mon record du plus grand nombre d'essais lors d'une Coupe du monde (8).

AUX SUPPORTERS: Contrairement à une croyance populaire qui circule parmi les supporters sud-africains que j'ai rencontré en France, l'Afrique du Sud n'est pas la seule équipe face à laquelle je n'ai jamais marqué. Il y a aussi le pays de Galles !

14.10.2007

"Au revoir les Blacks... and les Bleus..."

Cette semaine a été chargée pour moi. J'ai été sollicité par de nombreux medias pour expliquer la défaite des All Blacks. Les Français ont été simplement meilleurs, jouant avec passion, et les Néo-Zélandais se sont désorganisés sous la pression.

J'ai quitté la France mardi pour Londres et le dîner du Hall of Fame du rugby où j'ai été intronisé pour rejoindre des joueurs comme Gareth Edwards, Willie-John McBride, Philippe Sella et Jean-Pierre Rives. C'était une soirée fantastique où j'ai également rencontré Jason Leonard et Gavin Hastings. J'ai été très honoré de recevoir cette distinction. Mercredi et jeudi, je me suis rendu à Amsterdam pour le "Global Marketing Meeting" d'Adidas avant de m'envoler pour le bureau allemand de la marque où j'ai passé un peu de temps avec les créateurs. C'état une semaine un peu longue et j'étais heureux de rentrer à Paris vendredi soir pour un nouveau week-end de rugby.

Je suis arrivé au Stade de France assez tôt samedi soir car je devais rencontrer Stan Smith, une légende du tennis. Dans le stade, il y avait évidemment beaucoup de supporters tricolores mais aussi des groupes d'Australiens et de Néo-Zélandais mélangés avec les Anglais et les Français. L'ambiance était incroyable juste avant le coup d'envoi avec des "Allez les Bleus" incessants. C'est quelque chose que je n'avais jamais vu chez les supporters français. Ils ont donné de la voix sans arrêt, pendant toute la rencontre, même quand leurs joueurs menaient. Quand les Anglais entamaient des "Swing Low, Swing Chariot, ils étaient recouverts par la Marseillaise. Ce n'est que lors des dix dernières minutes que le Swing Low est parvenu jusqu'à mes oreilles correctement...

Le match a démarré sur les chapeaux de roue avec cet essai de Josh Lewsey dès la 2e minute. Il y avait beaucoup d'intensité dans le combat et je sentais qu'on était parti pour un match à suspense. Chaque petit bout de terrain cédé était immédiatement repris. Je pensais que les Français allaient rapidement hausser leur niveau de jeu et ils ont réussi à prendre un peu l'ascendant pour permettre à Lionel Beauxis de marquer deux pénalités et faire passer les Bleus devant (6-5). Un point d'avance qu'ils gardaient jusqu'à la mi-temps.

Jonny Wilkinson a manqué plusieurs coups de pied en première période, des points cruciaux, et j'étais déçu de ne pas le voir encore à son meilleur niveau. Il a de nouveau manqué un drop avant l'heure de jeu alors qu'on sentait que le match pouvait basculer d'un côté comme de l'autre. Les Anglais ont eu de la chance que le ballon, renvoyé par le poteau, atterrisse dans les bras de Robinson. Heureusement pour les Français, Chabal l'a stoppé à ce moment-là...

Les Français ont tenté de produire du jeu au large mais sans succès. La défense anglaise était bien en place et n'a que rarement été inquiétée par les arrières français. Les Bleus n'ont pas été en mesure de concrétiser leurs actions par des points. Comme ils avaient toujours un point d'avance, ils ont bien défendu jusqu'à ce plaquage haut qui a offert à Wilkinson la possibilité de remettre trois points. Le tournant du match. A ce niveau de la compétition, la moindre petite erreur peut coûter la victoire. Quand les arbitres ont levé leur drapeau pour signifier que la pénalité passait, la joie des supporters anglais a éclaté en même temps que les coeurs français se déchiraient...

Dans les derniers moments, le ballon est arrivé dans les mains de Christophe Dominici mais une vague de maillots blanc a déferlé sur lui. Les Anglais ont récupéré le ballon et créé suffisamment d'espace pour que Wilkinson tape son drop et donne la victoire aux Anglais (14-9). Bravo à eux. C'est une victoire méritée. L'Angleterre va maintenant tenter d'écrire l'histoire en devenant la première nation à conserver son titre mondial. Je suis vraiment désolé pour les Français, notamment les supporters qui ont donné tout ce qu'ils avaient pour soutenir leur équipe. Ils peuvent en être fiers."

13.10.2007

"Un sacré choc"

"Je pense que les Français doivent faire le jeu et se préparer de la même façon qu'ils l'ont fait jusqu'ici. La pression est sur les deux équipes. Sur l'Angleterre qui doit être performante pour défendre son titre, et sur la France qui se doit de l'emporter à domicile. Ceci dit, les deux équipes ont prouvé qu'elles sont suffisamment fortes pour l'emporter et atteindre la finale. Cela se jouera à celui qui fera le moins de fautes et qui prendra les bonnes décisions au bon moment. Ce sera un sacré choc. J'espère que les supporters français seront derrière leur équipe - je sais que les Anglais le seront - et qu'il y aura une ambiance incroyable au Stade de France. Cela va illuminer la Coupe du Monde. On sent l'effervescence depuis lundi.

Il y aura une grosse bataille au niveau des avants, mais c'est typique de ces deux équipes. Ibanez a donné le ton face aux All Blacks - je l'ai vu lui et Tony Woodcock se rentrer dedans dans les rucks et ne jamais reculer. Il va devoir remettre ça, aller de l'avant, et donner l'exemple. Avec Sheridan, Vickery et compagnie, les Anglais savent comment gagner, ils ont déjà été sous pression auparavant. Et avec Jonny Wilkinson dans l'équipe, tout peut arriver. S'ils parviennent dans les 22 et qu'il y a 3 points à prendre, Jonny Wilkinson les prendra. Ce match s'annonce tellement serré que je ne peux pas donner un vainqueur.

C'est un sacré pari de la part de Bernard Laporte de sélectionner un joueur aussi jeune que Lionel Beauxis. Il y a deux alternatives, soit il supporte la pression, soit il craque. Mais quand on est aussi jeune, on n'a rien à perdre, tout à gagner. Et il a montré sa classe face à Daniel Carter, il lui a mis la pression, il a plaqué, il l'a sans cesse étouffé et il a fait des miracles. C'est ce qui arrive dans les matchs à pression. Je suis sûr qu'il sera un rayon de soleil pour le rugby français, il va continuer à progresser. Lui et Vincent Clerc également. Ces deux gars ont été incroyables depuis le début de la compétition."

11.10.2007

"Mon coeur dit l'Argentine"

"C'est difficile de donner un gagnant car les Argentins sont très compétitifs. Ils ont pris conscience qu'ils pouvaient tenir tête aux grandes équipes. Une fois de plus, ça va être un match exceptionnel. Par rapport au quart de finale joué contre les Ecossais, je pense que "l'avantage maison" sera pour les Argentins. C'était très étrange: les supporters français ont chanté la Marseillaise pendant tout le match. Je regardais sur le terrain et je me suis dit: "Ce n'est pas Argentine-Ecosse qui se joue sur le terrain?" C'était impressionnant de voir ça. Il y a beaucoup de joueurs de l'Argentine qui jouent avec le Stade Français et j'espère que les spectateurs français seront derrière eux pour les encourager.

Cependant, je pense que les Pumas seront très clairement les challengers face à l'Afrique du Sud. Les Springboks font figure de grands favoris. Ils ont un pack dévastateur avec des joueurs de grande classe comme Victor Matfield, Bakkies Botha et John Smith. C'est là qu'il faudra relever le défi, comme on a pu le voir d'ailleurs depuis le début de la compétition. Les avants de Jake White ont une telle expérience qu'ils savent ce qu'il faut faire pour gagner ce match. En revanche, si les Sud-Africains jouent comme contre les Fidji, il y a des chances qu'ils se fassent battre.

L'équipe qui gagnera le match sera celle qui gérera le mieux la pression, qui aura le plus appris de ses erreurs et qui fera le moins de fautes. A ce niveau la moindre petite erreur coute cher. En tout cas, c'est la Coupe du Monde la plus excitante que j'ai jamais vue. Tout peut arriver à n'importe quel moment. C'est une grosse occasion pour l'Argentine et une chance unique pour un grand nombre de ses joueurs dont ce sera la dernière grande compétition internationale. Mon coeur dit l'Argentine car ce serait quelque chose de différent et nouveau pour la Coupe du Monde... mais ma tête dit quand même l'Afrique du Sud."

09.10.2007

Après la nuit blanche....

C'était la Nuit Blanche à Paris samedi soir, c'est pourquoi quand nous sommes rentrés de Cardiff à 3 heures du matin nous nous sommes promenés sur les Champs Elysées. Il y avait du monde partout et l'atmosphère était fantastique. Tous les Français que nous avons rencontrés nous ont dit à quel point ils étaient désolés pour les All Blacks et étaient très fair-play dans leur victoire.

De retour au pays, la Nouvelle-Zélande a glissé dans une dépression. Beaucoup sont très choqués de nous voir sortis dès les quarts. La plupart des Néo-Zélandais se projetait déjà sur les demi-finales pensant que les All Blacks étaient certains d'atteindre ce niveau. Cela demandera du temps à la Nouvelle-Zélande pour passer au-delà et à coup sûr, il y aura plusieurs semaines d'analyse et de décorticage pour comprendre pourquoi les All Blacks ont été amenés à quitter prématurément la Coupe du monde le 6 octobre.

Après les deux surprises de samedi, dimanche promettait d'enfoncer le clou. Fidji contre Afrique du Sud devait être une rencontre très physique. La première mi-temps du match était très intéressante mais l'Afrique du Sud avait l'avantage et affichait tout de suite ses intentions. Les Fidji portaient le danger avec leurs attaques dans le jeu ouvert. Avec des accélérateurs comme Delasau, Bobo flirtant avec la ligne, ils entretenaient la pression sur les Springboks et les gardaient à un respectable 13-3 à la mi-temps. La première période était plus une bataille physique avec chaque plaquage toujours plus brutal que le précédent alors que l'intensité augmentait jusqu'à la pause.

Vers la moitié de la seconde mi-temps, les Fidjiens ont mis la main sur le match et ont marqué deux essais qui les ont ramenés à la hauteur des Sud-Africains. Alors qu'ils étaient à 14 après un carton jaune pour l'un de leur joueur, il semblait qu'ils ont mieux joué avec moins de joueurs sur le terrain, un peu comme leur équipe de rugby à 7. Le troisième essai était là, inéluctable jusqu'à ce plaquage incroyable de Pietersen. A 20 partout, la rencontre devenait électrique. Finalement, un coup de pied en profondeur ramenait les Boks dans le camp fidjien et le maul destructeur des Sud-Africains franchissait la ligne blanche avec la transformation de Percy Montgomery, ce qui était pour moi le tournant du match et les Sud-Africains ont fini par gagner 37-20, s'assurant une place en demi-finale.

Les Fidjiens ont réalisé un super tournoi et ont montré qu'ils étaient compétitifs pas seulement dans le rugby à 7 mais aussi à 15. Ils ont produit de très grands moments de rugby et ont été superbe à regarder. Ce squad était très physique et c'est une chose qui ne s'était pas produite depuis un bon moment. Ce qui les a desservi à la fin du match sont les fautes de main commises sous la pression, mais c'est quelque chose vu chez beaucoup d'autres équipes de ce tournoi au fur et à mesure que la compétition avançait. Les Fidji peuvent être très fiers de ce qu'ils ont fait et c'est une partie de l'histoire du rugby qui devrait rester un bon moment dans les mémoires. Félicitations pour votre participation, vous avez été l'une des équipes les plus vibrantes et colorées de ce tournoi.

La nuit dernière, j'étais au Stade de France pour voir l'Argentine dominer l'Ecosse. La première période était intense, mais un peu bafouillée, aucune équipe ne dominait le jeu et aucune ne prenait l'avantage dans le jeu aérien. A un moment donné, c'était comme s'ils tapaient dans le ballon juste par envie. Les Argentins ont dû attendre plus de 30 minutes avant de franchir la ligne. Le seul essai de la rencontre. La vitesse de ce match était relativement lente et ce n'était pas une rencontre électrique. Le côté physique du match était proéminent surtout dans la confrontation des packs. Chacune des deux équipes a eu la possibilité de franchir sur les extérieurs, mais des mauvais choix ont été pris à plusieurs reprises, gâchant les opportunités.

Les deux équipes ont réussi à bien conserver le ballon sur de longues périodes et j'ai trouvé la rencontre frustrante. Une passe pouvait tout changer, mais ils ne prirent jamais cette option. Et plus particulièrement les Ecossais qui ne pouvaient pas construire derrière leurs fautes de main. Ce match est un gros pari mental pour les deux équipes et malgré la dimension physique de la rencontre, il y avait beaucoup de respects, avec les joueurs se souciant des blessés adverses et leur tapant la main après les rucks.

En deuxième mi-temps, les Argentins n'ont pas vraiment eu à passer la seconde. Les Ecossais ont cependant relevé le tempo et montré de grands moments de rugby et à l'heure de jeu, le pilier remplaçant redonnait vie au jeu. Tout le monde poussait derrière l'Ecosse pour qu'elle marque. Alors que la partie touchait à sa fin, les Ecossais ont soudainement campé dans la moitié de terrain argentine. Mais la défense argentine tenait bon à chaque vague d'attaque et résistait pour empêcher le deuxième essai qui aurait donné la victoire aux Ecossais.

Le plus impressionnant de cette rencontre a été le public. Un mélange d'Argentins, de Français, d'Ecossais, et d'autres nations aussi. La France a chanté son hymne national encore et encore et encourageait bruyamment les deux équipes encore tout euphorique de la victoire de la veille. C'était incroyable parce qu'on avait l'impression que la Coupe du monde a pris vie en France, avec la nation hôte poussant deux équipes adverses au milieu de 76000 personnes dans le Stade de France.

L'Argentine s'est qualifiée pour les demi-finales, une autre première pour eux après avoir atteint les quarts de finale. Ils ont eu un tournoi incroyable débutant par une victoire sur la France lors du match d'ouverture. Leur parcours a eu un gros impact au pays où le football est roi au point que la rencontre Boca junior contre River Plate a été décalée pour que les deux matchs puissent être vus en live. C'était encore une première et cela prouve la cote montante du rugby dans une nation fanatique de son football. Félicitations à l'Argentine qui mérite d'être dans le top 4 de cette Coupe du monde.

J'attends désormais les demi-finales du week-end prochain et je serai au Stade de France pour les vivre en direct. C'est fantastique de voir la France derrière cette Coupe du monde et je pense que les deux prochaines semaines seront un grand moment pour ceux qui sont impliqués de près ou de loin.

07.10.2007

"De beaux vainqueurs"

medium_Golf_Putt.JPGC'était ma première semaine sans rugby depuis un mois mais ça ne signifie pas que j'étais au repos. J'ai travaillé pour Eurosport et Yahoo ainsi qu'une séance de dédicace pour Adidas aux Galeries Lafayette à Paris. J'ai encore pu profiter de très bons restaurants, notamment le Café de l'homme. Je suis toujours aussi fan de sushi et de sashimi et je vous conseille vivement le Lo Sushi. J'ai également eu le temps de taper quelques puts sur le green de l'hippodrome. C'est là que la photo a été prise.

La première rencontre du week-end opposait l'Australie à l'Angleterre. Je m'attendais à une bataille féroce. Le pack anglais a été bien supérieur à son homologue et c'est souvent là que l'on fait la différence en rugby. Les deux équipes ont eu de nombreuses occasions mais sans les concrétiser. Tous les points anglais sont venus de Jonny Wilkinson ce qui a fait de lui le meilleur réalisateur de l'histoire de la Coupe du monde. L'Angleterre peut le remercier ainsi que Paul Sackey pour sa défense sur un essai australien tout fait. C'est une fin de Coupe du monde triste pour des joueurs comme George Gregan et Stephen Larkham. George a été un ambassadeur pour l'Australie avec son record mondial de 139 sélections. George, je salue ta carrière, profite de Toulon, la France est si agréable à vivre.

Après cette première surprise c'était l'heure de Nouvelle-Zélande-France. Je me suis rendu à Cardiff vendredi dans un charter rempli de Français convaincus qu'ils allaient perdre largement. Comme ils ont eu tort...
Je suis allé au Millennium avec un sentiment réservé, conscient que les All Blacks ont toujours eu du mal contre les Bleus en dehors de la France. J'ai toujours dit dès le départ que s'il y avait une équipe capable de battre la Nouvelle-Zélande, c'était bien la France. Mais ne vous trompez pas ! Je suis un supporter passionné des All Blacks !

medium_fans.jpgLa patience et l'organisation montrées par les All Blacks depuis le début du Tournoi semblaient s'être envolées pendant ce quart de finale. Ils avaient du coeur et de la passion mais pas d'organisation. Pendant la première période, j'avais la sensation qu'ils jouaient leur meilleur rugby mais tout a changé en seconde période. Les All Blacks se sont mis aux pick and go au lieu de faire parler leur puissance et leur vitesse dans les espaces.

Cette rencontre est la preuve de la fierté et de la passion française. A certains moments, j'avais l'impression d'être au Stade de France. Les cris des supporters n'étaient pas loin de me rendre sourd ! Voici quelques photos de moi avec des fans français et leur mascotte.

La Nouvelle-Zélande quitte pour la première fois une Coupe du monde dès les quarts de finale. Ça va être dur à digérer et les nombreux messages et coups de fil que j'ai reçus de là-bas en sont l'exemple. Ça va être dur à oublier. Il y avait tellement d'attente, comme toujours, et même plus encore dans cette édition car c'était l'équipe de Nouvelle-Zélande la mieux préparée de l'histoire.

J'ai repris le chemin de l'aéroport avec un bus plein de supporters français, des gens merveilleux qui m'ont applaudi à la montée dans le bus. Je me suis arrêté, j'ai levé les mains et les ai applaudis à mon tour. Vous êtes de beaux vainqueurs. La France et l'Angleterre vont maintenant se retrouver au Stade de France. Ce sont deux équipes au style très différent. Ça sera une bataille d'avants et celui qui remportera cette guerre du pack sera en finale la semaine suivante.

01.10.2007

L'heure des quarts

Jonah Lomu fait le point sur la fin des matchs de poule et se projette vers les quarts. Les compteurs sont remis à zéro. Une nouvelle compétition commence.

Pendant les trois semaines de rugby qui viennent de s'écouler, nous avons vu des grands matchs, des matchs horribles, des surprises et beaucoup d'autres choses. Comme je l'ai toujours dit, une Coupe du monde est un événement unique, vous pouvez avoir les classements, les favoris, les petits, mais vous ne savez tout simplement pas comment les choses peuvent évoluer. Cette Coupe du monde n'a pas été différente des autres et les quarts de finale ne laissent apparaître aucun leader. Ce qui m'étonne le plus à ce niveau de rugby est le nombre d'erreurs, les mauvaises passes, les en-avant et les décisions de certaines équipes qui se sont révélées très pauvres et qui ont coûté des points, voire des matchs. C'est ce qui peut arriver quand on joue avec la pression, certains gèrent bien, d'autres non.

Je suis allé à la rencontre Argentine-Irlande au Parc des Princes. C'était le match le plus attendu de la semaine et assister à cette rencontre était pour moi quelque chose de spécial parce que ce stade est l'un de mes préférés. Le Parc des Princes a toujours été un endroit rugby, l'atmosphère y est électrique et le bruit généré par la foule était assourdissant. C'est si fort qu'en tant que joueur, il faut lutter pour entendre les coéquipiers nous appeler.

La magie de cette rencontre était le soutien aux deux équipes, les supporters irlandais et argentins chantaient à tue tête et encourageaient leurs équipes, voulant que les siens gagnent. Il y avait une marée de vert avec quelques poches de bleu et blanc des maillots des Pumas. Le match et la foule était le divertissement de la journée avec autant d'animation sur le terrain que dans les tribunes. Chaque mouvement d'équipes se répercutait dans les tribunes. Pour l'Argentine, il y avait trois issues : 1. finir premier de poule ; 2. finir deuxième ; 3. voire être éliminé (ce qui n'était pas réellement une possibilité).

Le match en lui-même ne fut pas décevant et pendant les dix premières minutes l'Irlande a campé dans le camp argentin mais en est reparti les mains vides. Les deux équipes pratiquaient du beau jeu même si sur le premier acte, les Irlandais semblaient attaquer de toute part quand les Argentins semblaient cantonnés à la défense. L'Argentine a quand même déployé de bonnes attaques vers la 20e minute qui ont permis à Juan Martin Hernandez de claquer un drop goal et aux deux ailiers d'y aller de leurs essais. En commençant la deuxième période à 18-10, les Pumas n'ont jamais semblé perdre le contrôle même si cela s'est un peu compliqué. Néanmoins les Argentins ont maîtrisé la pression de ce match bien mieux que ne l'ont fait les Irlandais. Il n'y avait pas qu'un défi physique, il y avait aussi une énorme dimension mentale avec des moments de fortes tensions et des accrochages comme entre Felipe Contepomi et Brian O'Driscoll.

Les Irlandais n'ont jamais levé les bras et ont même bien joué. En fait c'était probablement leur meilleur performance du tournoi mais ce n'était pas suffisant pour venir à bout d'Argentins qui ont tout fait pour gagner. En seconde période, les Pumas ont progressé et dominé les Irlandais, maintenant le jeu dans leur camp et ne leur permettant jamais d'évoluer ballon en main. Leur capacité à aller disputer chaque ballon était impressionnante et cela a privé les Irlandais de toute opportunité.

Les Argentins vont maintenant affronter les Ecossais en quart de finale au Stade de France et ils auront le statut de favoris pour cette rencontre. Félicitations aux Argentins non seulement pour leur qualification pour les quarts de finale, une première pour eux, mais pour avoir aussi terminé premiers de poule. Vous le méritez.

La rencontre entre la France et la Géorgie était comme attendu l'occasion pour la France de sortir une grosse performance, conclue par neuf essais et un point de bonus, mais cela fut insuffisant pour reprendre la première place de la poule et éviter le voyage à Cardiff de cette semaine pour jouer les All Blacks. Lionel Beauxis a sorti un gros match, prouvant ses grandes qualités et sa capacité et sa résistance à ce niveau passant 5 transformations et trois pénalités et ayant un rôle déterminant dans la construction d'un essai.

La Géorgie qui m'a impressionné dans ce tournoi comme l'une des formations capables de jouer avec beaucoup de coeur et de passion a été récompensé avec un essai. Il a été décevant de voir deux de leur joueur exclus sur carton jaune, ce qui les a considérablement affaibli face à une formidable équipe de France.

Géorgiens, qui quittaient la Coupe du monde aujourd'hui, je vous remercie pour votre contribution à ce tournoi, vous avez été une bouffée de fraîcheur dans ce monde du rugby. Vous pouvez partir tête haute pour avoir défendu la fierté de votre pays et vous nous avez montré que votre rugby progresse et que vous avez votre place dans cette Coupe du monde, félicitations.

USA-Afrique du Sud était encore une rencontre dont l'issue était connue d'avance, le score final fut de 64-15. Les Etats-Unis avaient déjà joué dans la semaine et ont dû préparer cette rencontre en 4 jours, ce qui n'est vraiment pas évident surtout face à une équipe comme l'Afrique du Sud. Avec seulement quatre professionnels, l'équipe a réalisé une bonne performance dans le tournoi et a bien résisté notamment face à l'Angleterre. Ils ont montré un très bon état d'esprit et se sont battus jusqu'au coup de sifflet final avec de très bons moments.

Rien de plus brillant que le premier essai des USA en première mi-temps. Le capitaine Hercus a envoyé la plus belle passe du match, une très grande passe sur sa droite, dans un timing parfait pour le très véloce Takudzwa Ngwenya, sur l'aile droite lui permettant d'atteindre sa pointe de vitesse et laisser le plus rapide Bryan Habana pour mort sur sa course de 52 mètres pour marquer sous les poteaux. Personnellement, en tant qu'ailier déborder un adversaire procure une grande joie, mais quand en plus c'est l'un des meilleurs au monde, c'est tout simplement inoubliable. Et cela s'est vu à la réaction de Ngwenya, cela restera un très grand moment pour lui. Des moments comme ça donnent le petit plus nécessaire aux Etat-Unis et c'était une superbe équipe à voir. A 24-10 à la mi-temps, le match n'était pas perdu, mais les Sud-Africains ont su dominer et scorer pour une autre victoire très convaincante.

En quart de finale, les Sud-Africains rencontreront les Fidji qui se sont qualifiés grâce à une superbe victoire sur les Gallois. Les Sud-Africains seront favoris de cette rencontre, mais il ne faut pas éliminer tout de suite les Fidjiens surtout après leur performance face aux Gallois. Ce sera serré pour eux surtout sans Nicky Little qui est un de leur joueur clé.

Néo-Zélandais et Français vont se retrouver dans un remake du match pour la toriisème place du Mondial 2003 et non pas je l'espère pour un remake de 1999. Ce sera le premier vrai test-match des Blacks du tournoi ce qui ne sera pas une chose facile surtout face aux Français qui vont s'expatrier à Cardiff loin de la pression. Il faut aussi rappeler que les Bleus ont un meilleur taux de réussite face aux Blacks loin de Paris, ce qui ne fait qu'accentuer la difficulté !

Le troisième quart de finale oppose l'Angleterre à l'Australie et cela pourrait se finir en la plus rapide élimination des Anglais en Coupe du monde et une perte définitive de leur couronne mondiale. Ce remake de la finale de 2003 rappellera, j'en suis sûr, de nombreux souvenirs et la partie sera très intense avec peut-être quelques feus d'artifice :

Bonne chance à toutes ses équipe qui se sont qualifiés pour les quart de finale. C'est la dernier ligne droite de la compétition, des matchs couperet qui décideront de l'avenir des équipe. Atteindre les quart de finale, met un terme aux matchs de poule. Il faudra oublier les matchs joués jusqu'alors et regarder les quarts avec un œil nouveau. Ce qui arrive en poule n'est pas révélateur et il faut maintenant réaliser les meilleurs performances. A cette étape de la compétition, la plus petite faute peut coûter une place en demi-finale et comme je l'ai dit ci-dessus il y a beaucoup d'erreur commises y compris par les meilleurs. J'attends ce week-end avec impatience et je serai à Cardiff pour voir les Blacks avant de revenir à Paris pour assister à Argentine-Ecosse. Ce sera un gros week-end ! Jonah

30.09.2007

Lomu: "Bula Fidji!!"

DIMANCHE 30 SEPTEMBRE

Hier, c'était mon premier jour de repos depuis mon arrivée en France. Entre les différents engagements, les articles, les visites, les interviews, les repas, les voyages... je n'avais pas arrêté une seconde. D'avoir un jour off était super et j'ai de surcroît pu voir de bons matchs.

Le premier match du jour était Nouvelle-Zélande-Roumanie et tout le monde attendait une lessive. La partie a commencé comme on pouvait s'y attendre, mais les points ne sont pas venus aussi facilement que prévu. Les Roumains ne visaient pas la victoire sur les Néo-Zélandais, mais ils les ont obligés à faire le travail. L'entrée en jeu des joueurs sur le banc à la 57e minute a donné un impact considérable sur la partie, notamment avec Richie McCaw qui a une nouvelle fois démontré pourquoi il est le meilleur 7 au monde et pourquoi je pense qu'il est l'une des stars de cette Coupe du monde. Il a posé le jeu, pris le contrôle et dominé la partie. Cela fait une grande différence chez les Blacks.

Les Roumains ont joué avec coeur et passion. Ils étaient très physiques et ont produit un gros jeu devant. Ils doivent être salués à la hauteur de leurs efforts après avoir joué le Portugal il y a seulement 4 jours. Ce n'est pas évident de préparer un match face aux Blacks en seulement quatre jours. Leur unique essai signé Marius Tincu est venu récompenser le très bon jeu de leur pack.
Ce n'était pas une partie raffinée de la part des Néo-Zélandais malgré les 13 essais et les 85 points. Après avoir marqué 46 essais en phase de poule, on ne devrait pas cacher sa joie, mais je connais Graham (Henry) et il exigera la perfection de ses joueurs. Il a déjà admis qu'il y a un grand nombre de points qui devront être améliorés. Il est inquiétant d'arriver en quarts de finale sans avoir réellement connu d'opposition.
Le second match de la journée nous a offert une autre victoire des Aussies qui ont terminé premiers de leur poule. La partie, qui s'est déroulée dans d'atroces conditions atmosphériques à Bordeaux, était leur dernière avant d'affronter les Anglais en quarts de finale. Le fait que les Australiens aient aligné une équipe bis prouve qu'ils s'attendaient à une victoire facile. Ce n'est rien de dire que les Canadiens ne leur ont pas facilité la chose. Cela leur a pris pas moins de 20 minutes pour inscrire le premier essai et une heure avant de prendre le contrôle définitif de la partie. Il y a eu de grands moments de rugby, Lote Tuqiri a joué superbement et un très bon coup de pied de Julian Huxley a amené le premier des deux essais de Mitchell dont le total s'élève maintenant à 7. Le score final signifie la fin de la compétition pour le Canada, qui doit être déçu de ne pas avoir remporté la moindre victoire. Il peut toutefois être fier de sa performance du jour pendant laquelle les joueurs ont tout donné.

Galles-Fidji fut un match fantastique, avec du jeu pendant 80 minutes. C'était passionnant jusqu'au coup de sifflet final, quel match ! Le niveau des deux équipes était très proche, même si lors de la première période les Fidjiens ont su capitaliser les fautes des Gallois avec un flair tout fidjien. Quand il y a eu 25-3 pour les Fidji, les Gallois semblaient sonnés. Le pays de Galles est revenu à 25-10 grâce à un jeu brillant de Shane Williams qui a marqué un superbe essai montrant à quel point il est léger et rapide. Je lui donne un bon 8/10 pour son plongeon !
Les Gallois ont réalisé une folle remontée avec 3 essais en 15 minutes et ont pris enfin l'avantage à la 50e minute en exploitant à fond leur supériorité numérique. Le jeu semblait avoir changé en faveur des Gallois qui avaient repris le contrôle, mais ce n'était que pour un moment. Les Fidji ne lâchaient rien au retour de leur 15e homme et ils ont remis la pression pour reprendre l'avance à 31-29. Dans le dernier quart d'heure, cela se voyait que les Fidji avaient foi en leurs possibilités de l'emporter. Des joueurs comme Rabeni et Delasau ont fait des ravages dès qu'ils touchaient le ballon, défiant la défense galloise et franchissant la ligne d'avantage dès que l'équipe en avait besoin. Les dernières minutes du match ont montré une charge des Fidji sur la ligne galloise créant un maul derrière Delasau qui a été rattrapé in extremis par Martin Williams. Une balle rapide pour un dernier essai des Fidji pour s'octroyer la victoire et confirmer leur place en quart de finale contre l'Afrique du Sud.
Ce match a montré le meilleur du rugby, les deux équipes jouant librement, laissant libre court à du rugby innovant, avec passion, coeur et détermination... Tout ce qui contribue à donner un grand match. Je dois dire que c'était certainement l'un des plus beaux moments de l'histoire du rugby fidjien ce qui renforce à quel point il est malheureux de voir un joueur du calibre de Nicky Little, qui a tellement contribué à la victoire des siens, blessé très sérieusement à un genou.

La dernière rencontre du jour entre l'Ecosse et l'Italie n'a pas été decevante. C'était une partie très intense avec un énorme enjeu pour les deux formations. La première mi-temps a été très serrée avec deux grosses prestations en défense. Les deux équipes ont poussé à la limite la règle du hors-jeu et l'agressivité dans les rucks était impressionnante. Les Italiens ont concédé des pénalités inutiles avec des fautes techniques indésirables offrant ainsi des points. Le score à la mi-temps était de 12-10 pour l'Ecosse avec l'ensemble des points inscrits par Paterson et les Italiens s'en sortant par un très bel essai de Troncon. C'est un grand joueur qui a obtenu plus de 100 sélections pour l'Italie, quelque chose qui n'est pas courant de nos jours.

La deuxième période ne pouvait pas être plus intense et la victoire était dans l'air pour les Italiens. Cependant, ils ont pris de mauvaises décisions individuelles,c e qui a rendu leur tâche plus compliquée. Ils ont tout donné mais en vain et je sais à quel point ils ont été incroyablement déçus. Il y a eu des périodes surtout lors du dernier quart d'heure pendant lesquelles ils ont eu la possession et ils ont opté pour jouer au pied alors même qu'ils étaient dans la zone d'attaque. Cela leur a coûté le match à mon avis. L'Ecosse a défendu les dix dernières minutes. Ils ont joué un jeu simple et cela leur a offert la victoire. Cela m'a un peu rappelé ce que les Anglais ont fait face aux Tonga. Félicitations aux Ecossais pour leur qualification en quarts de finale.

J'ai aimé : Voir les Fidji se qualifier, ce qui représente la plus grosse surprise du tournoi. Félicitations Fidji... Bula !!!
J'ai Aimé (2) : Voir la Roumanie jouer avec tant de coeur et de passion et de la voir récompensée avec un essai.
J'ai pas aimé: Le fait que toutes les équipes ne soient pas sur un pied d'égalité, avec certaines petites équipes jouant trois matchs en onze jours ce qui complique considérablement la préparation.

29.09.2007

Beaucoup de bordeaux et un peu de rugby...

"J'ai eu la chance d'être invité à Bordeaux par des amis cette semaine et j'ai passé deux journées complètes dans les meilleurs vignobles français. Du monde même. J'ai séjourné deux nuits au Château Cheval Blanc où l'accueil a été formidable. Nous avons aussi traversé la région du Médoc et notre première visite a été pour le Chateau Beychevelle où nous avons été reçus par Philippe Blanc. Il nous a fait faire le tour du propriétaire avec des informations historiques. Notre déjeuner a été accompagné par cinq crus différents de 1982. C'est vraiment l'un des plus beaux châteaux que j'ai pu visiter.

medium_vin.JPGNotre seconde étape a été pour le Château Rauzan Ségla où Sandrine était notre guide. L'ambiance était festive, tout le monde voulait faire des photos avec moi ou que je signe des autographes alors que je ne pensais qu'aux grappes de raisin ! C'était vraiment comme je l'imaginais. La photo a été prise ici. Je serais bien reparti avec le fût... Nous avons ensuite rejoint le Stade André Moga pour un tournoi des Légendes du rugby avec l'Espagne, le Canada, l'Australie et la France avant un banquet au Château Larrivet–Haut-Brion.

On y a encore bu des vins merveilleux. Bruno, le propriétaire du Chateau, m'a offert une bouteille de 1975, l'année de ma naissance. Un cadeau très spécial. Vendredi matin, j'ai visité le Chateau Canon ce qui a mis fin à mon périple de deux jours. Je suis reparti avec une valise pleine de vin, des magnifiques souvenirs et de nouveaux amis. C'était une expérience magnifique et je remercie tous ceux qui y ont contribué.

J'ai toujours pensé qu'Angleterre-Tonga serait une vraie bataille. Une rencontre entre David et Goliath. En marchant vers le Parc des Princes vendredi soir, on sentait une certaine tension chez les supporters anglais contrairement à ceux des Tonguiens, excités et impatients de voir cet affrontement. Le fait d'avoir accroché les Sud-Africains a été une source de motivation supplémentaire pour les Aigles de la mer. Les Tonguiens ont effectué leur Haka sur la ligne médiane face à des Anglais regroupés à un mètre à peine. Alors que les supporters anglais couvraient le chant guerrier avec " Swing Low, Sweet Chariot", les Tonguiens ont avancé vers les Anglais, Inoeke Afeaki se retrouvant même les yeux dans les yeux avec un adversaire. Le ton du match était donné. Une bataille pour la survie.

Les Tonga ont mieux démarré que les Anglais avec des ballons portés et une belle résistance aux plaquages. Une faute anglaise a permis à Pierre Hola de marquer les premiers points ce qui a renforcé la confiance des Tonguiens. Jonny Wilkinson a ensuite remis les deux équipes à égalité mais pas pour longtemps. Le premier essai des Tonguiens est venu d'un ruck où ils ont été capables de franchir à chaque fois la ligne d'avantage pour finalement envoyer à l'essai le trois-quarts centre Hufanga. J'ai vraiment été impressionné par le jeu à la main des Tonguiens en première période.

Les Anglais ont répondu de la meilleure des manières. Jonny Wilkinson a eu le nez creux avec son long coup de pied croisé dans l'en-but pour Paul Sackey. L'ailier du XV de la Rose a étalé sa vitesse de pointe sur ce coup-là. Après le drop de Jonny Wilkinson, qui a permis à l'Angleterre de passer devant pour la première fois (11-10), Sackey a réalisé le doublé en interceptant un ballon à quelques mètres de ses 22. Au retour des vestiaires, les Anglais ont enfin compris comment mettre la pression pour forcer les Tonguiens à jouer au pied. Et comme ils ont été plutôt défaillants dans ce secteur, les Anglais ont pu bénéficier de bons ballons d'attaque.

La botte de Jonny Wilkinson a offert de l'air avant que Matthew Tait et Andy Farrell n'inscrivent deux autres essais. Le score de 36-20 reflète finalement bien cette rencontre. Les Tonguiens ont fait tout ce qu'ils ont pu et donné tout ce qu'ils avaient. Ils peuvent quitter cette Coupe du monde la tête haute, fiers d'eux. Leur niveau de jeu a nettement progressé. Ils l'avaient déjà prouvé face à l'Afrique du Sud. De son côté, l'Angleterre va maintenant affronter l'Australie en quarts de finale dans ce qui sera sans doute le match le plus rugueux du tournoi. Les Wallabies se sont qualifiés sans faire de bruit, avec des prestations convaincantes. Ce match s'annonce vraiment excitant.